Si le bonheur est dans le pré, l'avenir, lui, est dans le bac à sable. Assurément, c'est là que tout se joue, dès le plus jeune âge... Prenez par exemple Laurent Kretz : c'est un ami de François (de My Client is Rich) depuis la maternelle.
Aujourd'hui, Laurent est un porteur de mille projets très dans l'ère du temps et nous explique pourquoi et comment il en est arrivé là.
Entrevue (nostalgique ?) avec un serial entrepreneur !
Bonjour Laurent, peux-tu te présenter en quelques mots ?
Bonjour l’équipe ! En bref, je suis de formation commerciale mais « bi-curious », et donc autodidacte en développement. Originaire de Strasbourg, après des études à Grenoble, j’ai bossé un peu à Paris puis New York pendant 6 ans pour des grands groupes.
J’ai ensuite monté deux boîtes en parallèle : la première fut un échec, la deuxième s’est revendue. Du coup, j’ai lâché mon job et je suis rentré en France il y a deux ans pour me lancer à plein temps dans l'entrepreneuriat. Aujourd’hui, je développe ma dernière aventure, FreeApps365 ; un service qui permet de découvrir chaque jour une nouvelle application Android.
J’organise aussi Start In Paris, un concours de pitch mensuel qui permet à 5 startups de présenter leurs services. Avec plus de 300 personnes par mois, Start In Paris est un évènement super sympa que vous devriez voir si vous êtes de passage !
Tu n'as manifestement pas le profil d'un salarié, peut-être pas forcément celui d'un entrepreneur qui monte son bébé, mais plutôt celui d'un porteur de projets qui passe d'une activité à l'autre. Comment expliques-tu cette boulimie de créativité professionnelle ?
« Boulimie de créativité », c’est bien trouvé ! Il y a plusieurs raisons à cela. L'une d'elles est que j’ai en permanence plein d’idées et envie de tester des nouveaux concepts. En 2011, il est relativement facile de développer un produit digital – même pour un idiot comme moi. Apprendre le ruby on rails est accessible, et c’est ce que j’ai fait cette année pour lancer Grople.com, par exemple (pour apprendre à développer) puis FastFwdMe.com (parce que j’en avais besoin et pour jouer avec l’API de foursquare).
L'autre raison est qu’un entrepreneur n'a qu'un seul Dieu : son compte en banque. Et il diminue rapidement ! Savoir se focaliser est une nécessité, mais être agile et rapide pour tester des concepts est un atout.
Quel est ton secret pour trouver toutes ces idées ?
Je ne sais pas s’il y a un secret pour trouver des idées. Je regarde les tendances, je suis curieux et aime tester des nouveaux services et leurs APIs. À travers Start In Paris, par exemple, je vois plein de projets passer, fais des associations d’idées, et tout s'enchaîne.
Je pense que la créativité est loin d’être la caractéristique clé du succès – une idée ne vaut rien. La ténacité, l’exécution, le feu sacré, la vision… Il y a plein d’autres choses autrement plus importantes pour réussir qu’avoir des idées.
Les entreprises que tu as créées et dont tu t'occupes en ce moment sont FreeApps365 et StartInParis.com. Peux-tu nous en dire plus sur ces deux projets ?
FreeApps365 est une plateforme de promotion d’applications Android. Nous cherchons, testons, validons des applications originales, nouvelles et ludiques qui, selon nous, peuvent être utiles à nos utilisateurs tous les jours. Pour les éditeurs, c’est l’opportunité de mettre leur application dans la main de milliers de personnes en un rien de temps. Nous nous sommes lancés à l’été 2011 avec l'ambition de mettre la lumière sur le capharnaüm du market Android (des centaines de milliers d’app, impossible de s’y retrouver) et d'offrir une de la visibilité aux éditeurs. Nous avons un peu plus de 50.000 installations sur le market et avons fait découvrir plein de bons plans à nos utilisateurs (comme par exemple Facebook Messenger un mois avant sa sortie officielle !).
Concernant Start In Paris, c’est un format que je connaissais à New York et qui me plaisait beaucoup. À mon retour en France, nous l’avons mis en place à Paris en 2009.
Aujourd’hui, 12 éditions plus tard, l’évènement est devenu l’un des plus importants de l’écosystème startups à Paris. Plus de 200 startups ont postulé pour se présenter, et plus de 300 personnes assistent aux pitchs chaque mois. Le format est court (2h), simple, informel, et se termine toujours par une session networking autour d’une bière bien fraiche !
La dimension sociale semble occuper une place importante dans l'ensemble de tes projets. Quelle est ton opinion sur le social media et le social marketing ?
Argh, question difficile ! Le social media est aujourd'hui une commodité : on n’imagine pas un projet sans relations sociales, basé sur le Facebook graph, et intégré à Twitter. Ces éléments étaient d’ailleurs la base de Foursquare à ses débuts : basé sur l’API de Yelp pour les « places », et le partage social sur Twitter et Facebook. L’appli en elle-même n’était au final qu’un mashup. Le problème est que même si ces éléments sont critiques, ils ne suffisent pas au succès d’une application ou d’une campagne. Ils étaient nouveaux il y a encore peu, mais aujourd’hui les utilisateurs voient arriver les campagnes de « likes » et « retweet » à grands pas et ne sont pas dupes.
Cela n’empêche pas des succès certains et rapides pour les annonceurs ou éditeurs. Le dernier en date, par exemple, est Bref et son million de fans en un mois. Un million !
Le social graph de Facebook, l’API de Twitter, etc. sont des accélérateurs, c’est sûr. Mais le contenu doit suivre. Bref n’a pas un million de fans parce que Canal+ a acheté une campagne Facebook, mais parce que la série nous touche. Le « Charlie bit my finger » sur YouTube doit ses 385 millions de vues à Facebook et Twitter également.
Que fera Laurent Kretz demain ?
Laurent Kretz sera sur un yacht, avec du champagne, de l'eau turquoise et des danseuses hawaïennes si tout se passe bien. Et sinon, il essaiera de trouver le moyen d’y arriver
Merci !

