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Fév

My Client is Kind : Les Raconteurs s’engagent !

Nos clients sont riches. Et beaux. Et généreux. My Client is Kind (I) : nous avons réalisé une interview de Nicolas des Raconteurs afin qu’il nous parle de ses engagements écologiques et sociaux.

Les Raconteurs sont des créateurs de tables en bois d’Alsace.

Des tables en chêne local créées sur mesure.

Des tables témoignant de votre histoire.

« SENSIBILISER LES CONSOMMATEURS »

MCIR – Si vous deviez résumer les Raconteurs, en trois mots, que diriez-vous ?

  • Mobilier intelligent
  • Bois local
  • Sur-mesure

MCIR – Comment choisissez-vous vos arbres ? Racontez-nous.

Historiquement, nous travaillons avec du chêne car il a de nombreux avantages :

  • C’est une des seules essences locales qui soit un bois dur et imputrescible à l’extérieur (il se protège des dégradations et de la pourriture grâce aux tanins qu’il contient).
  • Pour l’intérieur, c’est assez facile de faire des collages avec cette essence, afin de fabriquer des panneaux (pour les tables).
  • C’est une essence noble grâce à sa densité, idéale pour la menuiserie haut-de-gamme et pour les parquets.

Ensuite, nous choisissons d’autres essences, telles que : le frêne pour ses propriétés similaires, mais mieux adapté aux intérieurs ; le mélaise et le douglas, naturellement imputrescibles (contrairement au pin).

Cela permet d’être cohérent par rapport à l’éthique d’approvisionnement : ne pas transformer de bois exotique pour l’impact écologique que l’on peut avoir. Nous préférons travailler avec des bois naturels et propres.

Pour l’approvisionnement, les grumes sont amenées par l’ONF qui coupe les bois et les met en vente (circuit habituel). Sinon, on va dans des scieries locales, pour éviter le travail de première transformation, de sciage.

Les Raconteurs

MCIR – Pour vous, que signifie être « Gardiens de l’équilibre forestier » ?

Ce n’est pas grâce aux petits acteurs que l’on transforme l’équilibre, on ne pèse pas grand-chose. C’est une économie complexe. Le consommateur a le pouvoir en disant : « je ne veux pas de bois exotique ! »

Les Raconteurs sont là pour répondre à la demande consciente des consommateurs : il y a un changement de la politique d’achat, ces 10 dernières années, avec des labels ECO, des certifications disponibles dans le bois, des marques PEFC, FFC et beaucoup de communication sur ces écolabels.

Nous communiquons notamment grâce à la papeterie, qui fait partie de l’univers et de l’industrie du bois. Nous avons pu sensibiliser les consommateurs en mettant les logos sur les ramettes, cahier, etc. À force d’en entendre parler, ce sont les grandes surfaces du bricolage qui ont suivi. De plus en plus de consommateurs sont sensibilisés.

Produit certifié : pas forcément local, on peut avoir du bois exotique certifié mais s’il est certifié c’est qu’il y a un contrôle, que les autorités ont fait leur boulot. Il y a un volet social important, contrôle et suivi de la transformation de l’arbre.

MCIR – Une fois l’arbre choisi, que faut-il faire pour qu’il devienne une table ?

Voici les différentes étapes :

  • Grume : sciage en planches.
  • Délignage : quand on a les grosses planches tranchées dans la longueur, on fait des planches droites de plus petites longueurs, on enlève les défauts du bois.
  • Purge : on coupe en longueur pour enlever les parties du bois que l’on ne veut pas.
  • Rabotage.
  • Collage en largeur pour fabriquer les panneaux.
  • Ponçage pour que le plateau soit lisse.
  • Peinture en cabinet, on applique des huiles, on peut le teinter puis des couches d’huiles cires.
  • Option : étape d’usinage pour la partie fixation des pieds, centre d’usinage à commande numérique. On réalise les inserts, les trous pour les vis, les gravures, les fixations, tous les éléments de personnalisation.
  • Assemblage des pieds sur le plateau.
  • Ensuite, grosse raclette !

MCIR – Comment la fabriquer en restant dans une démarche écologique ?

Nous préférons travailler avec des huiles à base de produits naturels, des huiles labélisées (notamment pour les enfants). Plus propres que les vernis.

C’est important pour le consommateur et les artisans qui vont les appliquer.

Chauffage de la menuiserie : silo de stockage où sont stockées les scieries et copeaux de productions, broyeurs pour mettre les morceaux de bois destinés au rebut. On met tout dans le silo et il alimente le système de chauffage du hall. C’est un avantage écologique et économique, un investissement qui a du sens. Nous sommes donc autonomes au niveau du chauffage du hall de production.

Les Raconteurs

« Il Y A UNE PLACE POUR TOUT LE MONDE »

MCIR – Parlez-nous de votre engagement social : qui vient travailler le bois avec vous ?

Aux Raconteurs, nous avons une culture d’employer des personnes en situation de handicap mental, on ne sait pas d’où ça vient mais les grands-parents étaient déjà dans cette démarche. Il y a une place pour tout le monde, il suffit juste de trouver la bonne.

Un des premiers employés était d’abord stagiaire CAP, puis nous l’avons embauché.

Nous avons besoin de profils variés : des personnes plus qualifiées mais aussi des personnes qui vont faire de la manutention… Au lieu d’une personne totalement valide trouvant le boulot pénible et ennuyeux, les personnes en situation de handicap sont plus demandeuses, elles ont envie qu’on leur donne une place, de se sentir valorisées.

La boîte est aidée et encouragée, c’est tout à fait vertueux. Nous sommes contents de donner du boulot aux personnes qui ont du mal à en trouver.

En interne : soit des personnes embauchées soit des personnes provenant d’ateliers spécialisés, détachées chez les Raconteurs pour voir si ça colle.

Centre d’Epfig (I.M.E. COTTOLENGO) : jeunes jusqu’à 18 ans en situation de handicap, tous différents, viennent 1 ou 2 fois par semaine par groupes de 4, encadrés par un animateur. En amont, il faut organiser, planifier les activités, faire du matin au soir la même chose pour que ce soit facile pour les jeunes.

Ils font du rabotage en duo, voient le bois et le touchent. Ils sont dans une structure ordinaire, côtoient le monde du travail, en immersion ; ils voient ce que c’est que de bosser, d’avoir un rôle et d’être reconnu.

Il y a une 2e équipe qui vient pour des travaux de paysagisme. Il faut prendre le temps, être à l’écoute, on ne les fait pas rentrer dans un moule, il faut les comprendre pour que ça fonctionne, être à l’écoute des capacités de chacun.

MCIR – Qu’est-ce que le travail du bois apporte ? Quelles sensations, quels sentiments ?

C’est un produit noble et vivant, agréable à travailler. Le bois a une belle image, une image chaleureuse. Chaque planche est unique : c’est moins monotone de trier des planches de bois que des poutres en acier ! C’est un matériau chaud, à toucher et à regarder. L’odeur est très agréable. Tous les sens sont sollicités.

MCIR – Pouvez-vous nous raconter une histoire de partage ? Une anecdote frappante ?

Je me souviens d’un jeune, depuis parti travailler dans une ferme. Il avait l’âge de Nicolas Meyer et un handicap lourd. Nicolas était en train de l’aider lors de son stage. Nicolas commence à faire différemment du jeune. Ce dernier le laisse faire une minute puis lui dit « Mais t’es débile toi ou quoi ? » Le jeune explique alors pourquoi il pense que Nicolas faisait mal.

Une fois qu’ils ont acquis l’expertise, ils sont ultra fiables, ce sont eux qui vont mettre le doigt sur des choses que tu n’auras pas vues car eux sont à 100% dans la tâche.

Cela permet d’être humble, de redescendre sur terre, on a besoin de tous.

Les Raconteurs

MCIR – Comment envisagez-vous l’avenir des Raconteurs ? de nos forêts ? de la planète ?

L’avenir des Raconteurs : du mobilier en circuit court car nous sommes conscients que le transport est une énorme part des émissions. Nous voulons remettre du sens dans l’action d’achat, nous avons envie d’ouvrir les portes et de conter aux consommateurs l’histoire de chaque parcelle d’où est issue l’arbre.

Les forêts sont malmenées car le bois est sur un marché mondial et politique.

C’est le consommateur qui a le pouvoir de se positionner pour faire changer les choses. Il faut que les pouvoirs publics, l’ONF, donnent la possibilité aux citoyens de se réapproprier leurs forêts, de les aimer pour mieux les protéger.

Il s’agit de rationaliser les comportements et d’éduquer, d’aller se promener en forêt, de faire un câlin à un arbre.

Chez My Client is Rich, entre deux promenades sylvestres, nous refaisons le monde autour d’une table en bois d’Alsace. Cette table sait tout de vous ! Si, un jour, vous avez l’occasion de la toucher, peut-être qu’elle vous contera d’autres aventures de clients généreux car…

My Client is Kind.

Venez toucher du bois

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